Salah
HAMOURI : deux poids, deux mesures
Des membres de l’Arche de Zoé au Tchad à Ingrid Bettencourt en
Colombie, de Gilad Shalit soldat franco-israélien à Florence Cassez au Mexique
ou à Clotilde Reiss en Iran, tous ont perdu leur liberté dans un pays étranger
à un moment de leur vie.
Tous ont vu la France se mobiliser de la rue à la tête de l’Etat pour
obtenir leur libération.
Tous, sauf UN.
Salah HAMOURI, un jeune franco-palestinien de 24 ans a été arrêté par
l’armée israélienne en situation d’armée d’occupation et a été traduit devant
un tribunal militaire (illégal puisque siégeant dans les territoires occupés et
non reconnu par le droit international).
Que lui reproche-t-on ?
Etre passé, 3 mois avant son arrestation, devant le domicile de Yossef
Ovadia, chef du parti Shas, rabbin connu pour ses positions extrêmes. Ce fait
banal, joint à l’accusation de son appartenance au FPLP – ce qui est inexact-
ont conduit le tribunal militaire israélien à considérer que Salah avait
« l’intention » d’attenter à la vie de ce rabbin.
Il a été condamné, après 3 ans de détention, à 7 ans de prison alors qu’aucun fait concret,
qu’aucune preuve ne sont venus étayer l’accusation dont il était l’objet.
Depuis le 13 mars 2005, 1616 jours, Salah est en prison.
Le 26 juillet, le tribunal militaire (qui s’est permis de refuser la
présence du consul adjoint de France) a rejeté sa demande de libération alors
qu’il a purgé la moitié de sa peine.
Ainsi, Salah, notre compatriote, est otage de l’occupation israélienne
qui juge ceux qu’elle opprime.
Il est otage de la « justice » militaire israélienne.
Et pendant ce temps, en France, c’est le grand silence dans nos
médias, y compris l’AFP qui n’envoie aucun bulletin d’agence à l’issue de la
demande de libération de Salah.
C’est l’immobilisme, le silence de nos dirigeants.
C’est sous la pression de tous ceux et celles qui ont pour valeur
justice et liberté que le président de la République française a finalement
accepté de faire recevoir par un de ses conseillers la maman de Salah quelques
jours avant l’examen de sa demande de libération.
Dans ces conditions, l’Etat français, le gouvernement sont coupables
d’abandon d’un de leurs citoyens, coupables de silence, d’immobilisme.
Si Salah reste en prison jusqu’en novembre 2011, la raison en est
claire : le président de la République n’a pas fait et voulu faire ce
qu’il fallait auprès de ses amis israéliens.
L’Elysée comme le Quai d’Orsay doivent interpeller publiquement, sans
délai et avec énergie, l’Etat israélien pour une libération sans condition de
Salah. Les autorités françaises doivent en finir avec la diplomatie silencieuse
quand il s’agit de notre compatriote.
Il faut continuer à informer nos compatriotes, à interpeller les
autorités françaises. Seule la poursuite de la mobilisation pourra éviter que
Salah ne tombe dans l’oubli ( lui écrire : Salah Hamouri, Doar nah
Guilboa, 10900 Beit Shean, Israël).
Denise Hamouri, sa mère, estime qu’ « il est très important
que nous restions unis pour parler de Salah et des prisonniers politiques
palestiniens (ils sont 11000 dont 350 enfants) et que nous poursuivions la
mobilisation.
La Fête de l’Humanité sera un moment fort de ce mouvement.
En Côte d’Or comme au plan national, un comité de soutien a été créé.
Rejoint déjà par 4 partis politiques et associations, il compte 59 membres à
cette date et sera présent le 19 septembre après-midi à la Fête de la Paix à la
Fontaine d’Ouche dans le cadre de la Journée Internationale de la Paix.
Le 15 août 2009
Françoise Faitot