Appel
aux Maires de France
Un constat nous rassemble : notre empreinte écologique
fragilise les écosystèmes de notre terre. Ainsi, Il y a 63 ans, notre planète
entrait dans une nouvelle ère : l’ère atomique, avec les bombardements
d’Hiroshima et de Nagasaki. Quelques mois plus tard, naissaient l’Onu et
l’Unesco pour dire « Plus jamais ça » aux guerres qui déchirent le monde.
La Charte de l’Onu engage les gouvernements, représentants
des peuples, à « préserver les
générations futures du fléau de la guerre ». L’Unesco, quant à
elle, définit dans son préambule les prémices d’une culture de la paix : « Les guerres prenant naissance dans
l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées
des défenses de la paix ».
Depuis les tragédies d’Hiroshima et Nagasaki, la
quasi-totalité des Etats a adopté la Déclaration sur le droit des peuples à la
paix, considéré que les armes nucléaires devaient être éliminées et adopté le
Traité de non-prolifération nucléaire dans lequel les Etats « s'engagent à poursuivre de bonne foi des
négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course
aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire, et
sur un traité de désarmement général et complet sous un contrôle international
strict et efficace ».
Pourtant, il reste encore aujourd’hui 27 000 têtes nucléaires
qui menacent chaque jour l’existence même de notre planète. En cas
d’utilisation volontaire ou accidentelle, nos villes seraient les premières
cibles. L’état du monde et les menaces qui émergent, nécessitent un engagement
de tous pour éliminer ce péril et construire la paix.
Nous, maires de Carrières-sous-Poissy (78), Dijon (21),
Lourdes (65), Malakoff (92), Montreuil (93), villes de France, représentant la
pluralité des engagements politiques de notre pays, réunis à l’occasion du 1er
Forum de la Paix (2008), en présence de nombreuses personnalités et
organisations, lançons un appel aux maires de France pour qu’ils soutiennent
les efforts des Etats, des collectivités et des ONG pour la non-prolifération
et le désarmement nucléaires conformément aux engagements internationaux de
notre pays.
Considérant notre responsabilité en matière de sécurité de
nos concitoyens et notre proximité avec eux, nous avons un rôle particulier à
jouer pour les soutenir dans l’action pour la paix, la solidarité et la
justice.
Avec les maires d’Hiroshima et de Nagasaki et les Hibakusha
(survivants des bombardements atomiques), solidaires des 2400 villes (San Francisco, Bruxelles, Hanovre, Halabja,
Paris, Rio de Janeiro, Sarajevo, Montréal, …), et gouvernements
locaux du monde entier engagés dans l’action avec le réseau Mayors for Peace /
AFCDRP (1), soutenu par le réseau mondial CGLU (Cités et gouvernements locaux
unis) et sa commission « Diplomatie des villes », nous appelons l’ensemble des
maires de France à s’engager dans la campagne intitulée « Nos villes ne sont
pas des cibles » qui s’inscrit dans le projet « Horizon 2020 » destinée à
obtenir des Nations Unies un processus international d’élimination des armes
atomiques d’ici 2020.
Ensemble, du village et du quartier à la planète, pour
garantir un avenir durable aux générations futures, rassemblons-nous pour
promouvoir une culture de la paix et mettre en mouvement assez d’énergies pour
libérer la planète de la « grande menace » des armes atomiques.
Dijon le 21
novembre 2008
François Rebsamen Catherine Margaté Dominique Voynet Jean-Pierre Artiganave Eddie Aït
Maire de Dijon, Maire de Malakoff, Conseillère Maire de Montreuil, Maire de Lourdes Maire de Carrières sous
Poissy
Sénateur de la Côte d’Or générale des Hauts-de-Seine Sénatrice de Seine- Conseiller régional d’Ile de France
Saint-Denis
1.
1. Association Française des
Communes, Départements, Régions pour la Paix, branche française de Mayors for
Peace
2. 2.
En présence
de Catherine Margaté, maire de Malakoff, conseillère générale des
Hauts-de-Seine, vice-présidente de Mayors for Peace, représentante du maire
d’Hiroshima.